Pour un oiseau, mieux vaut des pattes ou un bec de lièvre?

« Et vous trouvez ça drôle« … pour ceux qui n’ont pas compris la référence, je vous laisse écouter l’histoire à bide de l’éléphant de Coluche

Mais en fait c’est un oiseau particulier qui va être le thème de cet article : le Lagopède alpin dont le nom scientifique est Lagopus muta. Lagopus vient du grec lâgos qui signifie lièvre et pus pied. Nous sommes donc en présence d’un oiseau à pattes de lièvre ! En fait, les pattes du lagopède sont couvertes de plumes et font penser à celles des lièvres.

Lagopède alpin - Lagopus muta


Cette analogie n’est pas anodine car, comme on peut le lire dans le Livre de la Montagne de Bernard Fischesser, le lagopède alpin et le lièvre variable sont deux reliques de l’époque glaciaire. Ils ont des modes de vie plutôt similaires avec des mues successives suivant les saisons pour se confondre dans leur environnement en développant une parfaite homochromie et sont cantonnés à la haute montagne. Ce sont deux espèces originaires du Grand Nord ayant trouvé refuge dans les montagnes qui nous environnent.

Connaissant certaines zones de présence du lagopède dans le Vercors et n’ayant pu participer aux derniers comptages organisés par la LPO Isère, j’ai eu envie d’aller les écouter, les observer et si possible les prendre en photo sans les déranger. Je me suis donc rendu pour une nuit en haute montagne à plus de 2000m près de crêtes rocheuses et surtout dans une zone de pelouses rocailleuses, lapiaz et scialets… Bon en gros à 2000m dans le Vercors c’est le type de milieu qu’on trouve quasi partout !

Pour plus d’infos précises et écouter ses chants je vous laisse consulter sa fiche sur oiseaux.net

Une des problématiques actuelles, le réchauffement climatique, peut avoir un impact assez néfaste sur le lagopède. Son aire de vie étant limitée, les températures moyennes s’élevant, les espèces animales et végétales sont obligées de s’élever pour survivre. Le réchauffement actuel est trop rapide pour permettre une adaptation d’un grand nombre d’espèces et encore moins une évolution. Les aires de répartition et de vie se réduisent donc de plus en plus.

Sinon, les meilleurs moments pour les repérer ne sont pas les plus propices aux photos, c’est à dire à la tombée et au lever du jour. Comme ils ont un plumage mimétique avec le milieu, le plus facile est de les repérer au chant et de se diriger doucement et tranquillement dans leur direction. Une fois l’oiseau repéré, il faut être calme, discret et surtout ne pas vouloir trop s’approcher. Garder une distance de 15m permet de ne pas le déranger, et surtout il faut être attentif à son comportement, si l’on sent le dérangement s’éloigner et même partir.

Je suis allé prospecter les lieux en journée il y a 2 semaines, mais je n’avais rien vu ni entendu. J’y suis retourné le week end dernier avec l’intention d’en entendre, d’en voir, d’essayer d’en photographier et surtout passer une nuit à la belle étoile, au frais à 2000m!

Je crois avoir été très chanceux car à peine arrivé sur la zone de présence, je m’arrête et regarde les alentours aux jumelles, quand soudain je suis attiré par un mouvement à environ 10m de moi. Une femelle lagopède, paisible, pas apeurée, qui marche tranquillement. J’en ai profité pour faire des photos sympas. Une demi-heure plus tard, j’en entends un et le vois en vol se poser à 50m. Je le rejoins et je trouve un mâle et une femelle en train de manger tranquillement. Je pense qu’ils m’ont vu arriver et se sont vite éloignés. Je n’ai pas bougé et j’ai regardé ces infatigables marcheurs s’en aller tout en se nourrissant par ci par là.

Le soir j’ai eu la chance d’en entendre d’autres chanter, mais il faisait trop sombre pour les voir.

Voici les photos :

 

 

 

 

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